Aurore Hategekimana: J’étais une étudiante et entrepreneure

Ne méprise pas tes débuts !

Diplômée en droit criminologie, Aurore Hategekimana est une jeune femme fraîchement sortie de l’université de Liège. Elle a, pendant son parcours, monté un petit business sous le nom de « ushindi Massaï » qui avait pour but de promouvoir les colliers massaï. A partir de son expérience nous allons discuter duo étude- entreprenariat :

Sachant combien il est difficile de gérer des études supérieures sans rien faire d’autre, je lui ai posé la question de savoir comment lui était venue l’idée de commencer ce projet. « Tout d’abord l’idée est venue lors de mon premier voyage au Kenya qui était à la base un voyage familiale. Amatrices d’artisanat africain, un tour dans les marchés fut un incontournable pour moi. Ce que j’y voyais était tellement beau que j’ai voulu le partager aux autres en publiant sur les réseaux sociaux notamment Snapshat et Facebook. De là, beaucoup de personne m’ont demandé de ramener des bijoux du Kenya pour eux.

Une chose était sure, c’était la première fois que je voyais de tels bijoux, fait de tel manière et je trouvais cela égoïste de ne pas faire profiter les autres. Ces bijoux devaient être connu et pas seulement en Afrique. J’ai donc décidé de répondre à la demande en me disant : ‘pourquoi pas’ », nous a confié Aurore.

Déjà, le fait d’aller dans un marché et de toute suite reconnaître qu’il y a un potentiel sur le marché Européen alors que au départ, le voyage n’était pas du tout une mission de business montre à quel point Aurore est une leader de notre temps. Lorsqu’on considère les coups de transport et qu’on est conscient de la situation environnementale de notre planète, c’est ce genre d’initiatives qui caractérisent les femmes d’affaires de demain.

Ensuite, je voulais vraiment savoir comment elle a évoluer pas à pas depuis le début et comment se sont passées les débuts dans l’entreprenariat, surtout en tant qu’étudiante. Aurore n’a pas hésité à partager avec nous son expérience. Pour elle, ‘l’entreprenariat c’est forcément prendre un risque financier. Il y a bien évidemment un travail en amont qui est commun à tout lancement en entreprenariat. Ça m’a poussé à la réflexion par rapport à une étude du marché, étudier la concurrence et plus. Pour ce qui est des études, la motivation a pris le dessus et je ne voyais pas les difficultés mais plutôt l’opportunité d’une belle aventure. Quand je me suis lancée, je suivais une maîtrise en criminologie dont j’avais déjà validé quelques crédits. Le fait que j’avais validé ces crédits a soufflé des possibilités dans mon emploi du temps car cela m’a donné du temps à investir ailleurs.

Le plus important quand on est étudiant entrepreneurs c’est l’organisation. J’avais un agenda bien établi qui divisait la majorité de mon temps à réviser mes cours et le reste du temps à travailler pour Ushindi Massai’.

L’une des choses qui bloquent les jeunes diplômées aujourd’hui, une fois que les études sont terminées, c’est le manque d’expérience. Très peu d’entreprises offrent de réelles opportunités à des personnes qui sortent tout de suite de l’école. Souvent si on a pas bâtit un réseau de professionnels pendant ses études, il est presque impossible de trouver un emploi. L’histoire d’Aurore nous montre qu’en devenant entrepreneur, elle s’est créé le moyen parfait pour démontrer son sens des affaires, la gestion des finances, la gestion d’équipe, sa capacité à travailler avec d’autres cultures et beaucoup d’autres compétences qui ne sautent pas aux yeux lorsque on regarde le CV d’une diplômée en droit criminologie.

Plus loin dans ma conversation avec Aurore, je voulais également savoir ce que cette expérience lui avait appris. Voici ce qu’elle nous a confié : ‘en entrant dans l’entreprenariat je me suis découvert une passion pour la relation clientèle. Il y avait un vrai plaisir à faire ce travail. Ce travail est devenu une activité plaisante et pas une entreprise qui aurait pour seul but de faire du chiffre. L’expérience m’a apporté une nouvelle source de revenue certes, mais Ushindi Massai n’est pas uniquement ça pour moi. Je voulais sortir de ma zone de confort et de me challenger dans un tout autre domaine.’

Avant de terminer notre entretien, Aurore m’a aussi parlé de nouvelles portes que Ushindi Massai lui a ouvert. Notamment, elle a pu collaborer avec d’autres jeunes femmes noires qui débutaient comme elle. Elle a eu l’occasion de travailler avec une coiffeuse, une photographe, une écrivaine. Le point commun de ces collaborations était d’aller de l’avant et s’élever mutuellement.

Aujourd’hui, Ushindi Massai est, selon Aurore, entre parenthèse pour des raisons personnels et professionnelles. Mais ce qui ressort de notre conversation et ce que j’ai trouvé inspirant c’est le fait que malgré tout cette expérience a été une expérience positive pour elle. Aurore nous a dit que cela lui avait beaucoup ‘enrichi plus intérieurement que financièrement’. D’ailleurs, elle a conclu notre échange avec un mot d’encouragement pour toutes celles qui hésitent encore : ‘osez et lancez-vous, vous ne pouvez que gagner.’

Joyeuse Musabyimana

 

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