Racisme –Je Suis Epuisée!

Il est 8h00 du matin, je viens de terminer ma dévotion quotidienne et je suis épuisée mentalement et émotionnellement. Nous sommes toujours au milieu d’une pandémie, puis il y a eu l’homicide de George Floyd dans les bras d’un policier blanc qui frappe la communauté noire aux États-Unis, mais qui a également suscité l’indignation dans le monde entier. Le meurtre de Mr. Floyd est la dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les Noirs américains, principalement les Afro-Américains, sont traités de manière disproportionnée dans ce pays depuis longtemps. Les protestations qui se passent actuellement proviennent d’une histoire blessée et répétée que le pays a toujours évité d’adresser. Comme l’écriture a été ma façon d’exprimer mes sentiments au fil du temps, restez avec moi alors que je partage mon expérience de femme noire en Amérique.

À quoi ressemble le racisme à l’ère moderne

Il y a quelques semaines, j’ai lu un livre intitulé «Enemies in Love», par Alexis Clarks. En bref, c’est une histoire d’amour entre un prisonnier de guerre Allemand et une infirmière noire pendant la Seconde Guerre mondiale (GMII). Premièrement, le contexte de cette époque était tel que les infirmières noires n’étaient pas autorisées à servir dans l’armée pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que la demande d’infirmières devienne supérieure à ce que les infirmières blanches pouvaient gérer. Les infirmières noires étaient autorisées à prendre soin que de leurs camarades noirs mais elles n’étaient pas autorisées à traiter les membres blancs de l’armée. Cependant, un moment est venu où les prisonniers de guerre blancs ont commencé à nouer des amitiés avec les infirmières blanches, et pour éviter que ces amitiés aillent loin, les autorités ont envoyé des infirmières noires à la place des blanches pour prendre soin des prisonniers de guerres blancs. Cela a été fait comme si les infirmières afro-américaines n’étaient pas américaines ou dignes d’être protégées autant que leurs collègues. Les États-Unis ségréguée ne pouvaient pas non plus avoir des officiers noirs de haut rang pour les défendre.

Sautons maintenant à l’an 2020. Il y a quelques jours à peine, j’ai lu un article du New York Times dans lequel il était rapporté qu’après 75 ans de déségrégation militaire, les personnes de couleur représentent 43% de l’armée américaine. Pourtant, les officiers de haut rang, ceux qui occupent des postes de décision, sont principalement des hommes blancs. (lien disponible en anglais seulement). Cela se voit non seulement dans l’armée américaine, mais partout dans le monde, dans de nombreuses organisations, entreprises et institutions d’éducation. Après un certain temps, on commence à se poser des questions et à demander « Que se passe-t-il? »

L’une des choses que je fais toujours chaque fois que je postule pour un emploi ou une admission dans une école, c’est de vérifier la diversité de la direction, et malheureusement, je me rends toujours compte que de nombreuses organisations et institutions n’ont pas de personnes noires dans leur conseils d’administration ou équipes de direction, tandis que les personnes au bas de l’échelle sont principalement des minorités noires ou autres. Ce n’est pas parce que nous manquons d’expérience ou que nous ne sommes pas en mesure de maintenir ces positions, mais à cause de qui nous sommes en tant que minorités.

Le racisme à notre époque est encore démontré par les disparités dans le domaine de la santé qui affectent les communautés noires à travers le pays, un exemple simple et récent est la façon dont la Covid-19 a et continue d’affecter les communautés noires. Le racisme est également visible dans la décentralisation des systèmes scolaires où les élèves des banlieues (majoritairement blancs) reçoivent la meilleure éducation disponible, tandis que les écoles de la ville (majoritairement noires) obtiennent à peine la graduation de la moitié de leurs élèves du secondaire. Cela se passe à l’université, à l’hôpital, à la pharmacie ou tout autre travail professionnel et on se rend compte que personne ne vous ressemble ou que la personne qui offre un service ne partage pas votre expérience. Pour moi, c’est à cela que ressemble le racisme dans mes États-Unis d’Amérique en 2020.

Pourquoi suis-je épuisée?

C’est un combat pour arriver à être considéré comme un humain, avec toutes les capacités intellectuelles et d’être un membre égal de la société. Dans notre société, étant noir en Amérique, on vous rappelle que vous êtes ‘AUTRE’. Les États-Unis sont le seul pays où j’ai vécu le plus longtemps, je paie mes impôts, je possède un passeport bleu, je VOTE, je travaille dur pour le bien de ma communauté et de la société, mais je dois toujours rassurer les gens que je suis chez moi, pas parce que je nie mon identité africaine mais parce que je me sens vraiment chez moi. Néanmoins, plus souvent que je ne voudrais l’admettre, on me rappelle que je ne suis pas chez moi. Chaque fois que je commence à parler, on me demande d’où je viens, quand je veux être impertinente, je réponds « ICI !» et c’est vraiment la vérité. C’est un rappel constant qu’autant que j’appelle ici chez moi, les gens ne me voient pas comme un membre de ce pays. Ce sont les commentaires ‘intelligents’ que font les gens comme «vous êtes bien articulée» comme s’ils ne s’attendaient pas à ce qu’une personne noire avec un accent parle «correctement» l’anglais ou on vous demande «comment avez-vous obtenu ce travail? » insinuant qu’une personne comme vous ne devrait pas occuper ce poste. C’est être la seule personne noire dans un programme d’études et tout d’un coup tu représentes une race entière. Ce sont les commentaires qu’on reçoit lorsqu’ on obtient la meilleure note en classe et qu’on est noir ou la consternation qu’on reçoit d’être dans un espace qu’ils pensent qu’une personne noire ne devrait pas être. C’est devoir expliquer pourquoi j’ai choisi une orientation scolaire à prédominance blanche. Mais, pourquoi dois-je toujours me justifier ? Après un certain temps, tout cela devient épuisant et aujourd’hui je me dis que j’ai le droit d’être épuisée mentalement et émotionnellement.

Ce qui fait mal?

C’est se rendre compte que les membres de votre société et de votre communauté ignorent votre douleur. C’est aussi se rendre compte que les gens se concentrent sur l’ordre, la loi et les choses matérielles plus que les gens ; comme si la douleur de millions de personnes dans les rues n’était pas valable. Alors que je me demandais comment le pillage sortait cette protestation du contexte, ce que un sage a dit un jour m’est venu à l’esprit «Les bâtiments peuvent être reconstruits, les choses matérielles peuvent être acquises encore et encore, mais nous ne rendrons jamais un fils ou une fille dans les bras de leur bien-aimé », MLK a déclaré. Il a aussi dit « Les émeutes sont la voix des inconnus. » Cela fait mal qu’à l’ère moderne, les Noirs doivent encore protester pour être entendus et être considérés comme des êtres humains qui méritent de vivre et d’être traités sur le même pied d’égalité que les autres.

 

… Mais il y a de l’espoir

Dans la brume de tout ceci, je me rappelle qu’il y a encore de l’espoir.

Je me rappelle l’histoire des Israélites en Égypte et comment Dieu les a délivrés de l’oppression entre les mains de Pharaon.

Je me rappelle que Dieu est un Dieu juste et cela me donne l’assurance d’affronter ce que demain apportera.

Je regarde autour de moi et je vois des preuves concrètes et tangibles d’un avenir prometteur pour les Noirs.

J’anticipe les changements qui viendront de Femmes d’Espérance (FdE), cette plateforme qui met en valeur les œuvres de femmes d’ascendance africaine, ou de Limpela qui encadre les générations futures.

J’ai bon espoir quand j’observe l’augmentation du nombre de femmes noires diplômées de l’université à un taux plus élevé aux USA.

Je vois de l’espoir tout autour de moi, mais cela ne veut pas dire que nous avons gagné la bataille ou que nous devons rester oisifs. NON!

  • Nous devons redoubler d’efforts pour éduquer, encadrer, soutenir les générations futures et offrir des opportunités à ceux qui sont marginalisés.
  • Nous devons avoir ces conversations difficiles avec les gens autour de nous, même quand cela est inconfortable.
  • Nous devons rester actifs, prêts à réprimer le racisme de toute sorte ou forme.

Par Grace Karambizi

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